BIO
Roxane Gouguenheim (née en 1981) développe une pratique artistique fondée sur un double parcours de recherche théorique et formelle. Formée à l’histoire de l’art, à l’esthétique et au cinéma entre la Sorbonne (Paris) et l’université Keio (Tokyo, où elle a mené ses recherches doctorale et a enseigné), elle inscrit dès ses recherches universitaires une réflexion sur les formes expérimentales et politiques de l’image. Cette recherche connaît un premier prolongement plastique avec la réalisation d’un moyen métrage en 2008, avant de se poursuivre par un travail d’écriture qui constitue le socle théorique de son œuvre.
Parallèlement, une formation en arts appliqués, orientée vers le stylisme, la fabrication des matériaux et l’illustration, nourrit une réflexion sur la matière, les procédés de fabrication et la construction du volume. Depuis 2015, Roxane Gouguenheim déploie une œuvre transdisciplinaire où peinture, sculpture, installation, image numérique et vidéo participent d’une même recherche sur les conditions d’apparition, de maintien et de disparition des formes dans l’histoire.
Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions collectives et personnelles, en galerie comme en institution. Il comprend également une réalisation monumentale pérenne dans l’espace public (Les Portes à Meudon-la-Forêt), des commandes publiques et privées, des projets relevant du 1 % artistique, et est présent dans plusieurs collections privées. Par l’ampleur de son développement plastique et théorique, son œuvre appelle aujourd’hui des espaces de monstration institutionnels capables d’en déployer pleinement les différentes dimensions.
Roxane Gouguenheim développe depuis 2015 une pratique artistique et théorique à travers la peinture, la sculpture, l’installation et l’image. Formée aux études cinématographiques et à la théorie esthétique, elle conçoit l’œuvre comme un espace de pensée où s’articulent philosophie, théorie politique et expérience sensible. Son travail convoque les conditions de naissance des formes, leurs modes de circulation et les structures matérielles, symboliques et philosophiques qui déterminent leur apparition.
Les œuvres prennent la forme de constellations où se confrontent des régimes de pensée hétérogène. Mythologie, histoire, esthétique, exégèse, théorie politique et recherche expérimentale y composent des agencements qui déplacent les habitudes perceptives et suspendent les réflexes d’appropriation et de monstration contemporaine. Le regard y est poussé au cheminement, à l’acceptation d’une part d’opacité, à faire l’expérience d’un savoir qui se construit dans le temps de l’ombre.
Une ligne historique traverse profondément sa recherche. Des premières réflexions sur les seuils et les espaces de passage jusqu’aux travaux récents consacrés à la Nuit historique du XXe siècle, l’œuvre explore les formes de survivance et d’adaptation produites par les grandes catastrophes historiques. Guerres, extermination, exils forcés, effacement et falsification du langage agissent comme des forces qui travaillent la matière même des œuvres. La Shoah apparaît comme horizon historique et éthique, comme basse continue sans jamais devenir objet ni support, mais comme le centre interne de la notion même de questionnement de possibilité de la pensée.
La peinture constitue l’un des lieux privilégiés de cette investigation théorique. Réserves, fragmentations, condensations et effondrements organisent des espaces dont la visibilité demeure ouverte et hétérodoxe. La peinture est toujours problématique, pensée comme un corps instable et dangereux. Les techniques convoquées en apparence disparates, prennent en considération la forme même du logos pictural à travers la convocation des techniques et joue de ses cacophonies assumées et minimales à la fois. Perturbant volontairement le regard du spectateur, la peinture par ses formes inévidentes, ses couleurs effacées et les écritures elles-mêmes, creusant les langues dans leurs situations historiques, lisibles mais indéchiffrables. Langues mortes, mourantes, immatérielles ou mythologiques elles montrent dans leurs corps formels, écrit, plus qu’elles ne disent. Les corps biologiques, souvent trop absents, persistent malgré tout sous forme de rythmes vides abstraits, de segmentations ou de tensions structurelles.
La sculpture confronte cette réflexion en élaborant des constructions modulaires traversées par les angoisses du manque et de la disparition. L’image dialectique, les survivances historiques, les formes de résistance et les conditions d’une responsabilité du regard nourrissent une pratique qui envisage l’art comme mode de connaissance, comme espace de la question. Les œuvres deviennent ainsi des lieux de déplacement où se fabriquent des constructions doubles, immatérielles capables d’éprouver et de penser le monde.
Traversées par les figures de l’ombre et des économies souterraines des formes, les œuvres sont abymées, c’est à dire qu’elles sont constituées d’abyme comme qualité négative intérieure essentielle, charriant le poids des épreuves. Ce travail remet en question les systèmes contemporains de monstration et les logiques de dévoration qui les sous-tendent, y opposant une autre circulation des formes, fondée sur la persistance de l’attention et la capacité des œuvres à construire de manière autonome des réseaux de pensée. “Méditer devant un charnier qui n’en est pas un” : peut-être est-ce là l’une des expériences auxquelles cette œuvre nous confronte, en maintenant ouverte la possibilité de penser au plus près de ce qui résiste à la compréhension et prendre sur soi la responsabilité de ce combat. Après la catastrophe, le problème est de savoir à quelles conditions une œuvre peut encore apparaître sans produire de réconciliation mensongère avec le monde. Cette problématique relie les sculptures, peintures, installations et performances: aucune forme n’y est donnée comme acquise ; chacune se constitue en intégrant, au cœur même de son apparition, la possibilité de sa propre négation. C’est cette épreuve, et non sa résolution, qui fonde la légitimité de son œuvre.
STATEMENT
EXPOSITIONS
2026
-Exposition personnelle «Eiche Homo», Centre d’art et de Culture de Meudon.
-Exposition personnelle «Opening the Dark Times», à la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
2025
-Les Portes: réalisation d’un semble sculptural augmenté monumental pérenne dans l’espace public, lauréate de l’appel à projet artistique de la Ville de Meudon.
-Exposition collective «Kaléidoscope» à la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
2024
-Exposition collective « Entresols» à la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
-Présentation à Art Antwerp.
2023
-Exposition collective « Nazareth» à la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
2022
-Exposition collective « La jeune scène française acte 3» au Bastille design center avec la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
-Exposition collective « Summer vibes» au Bastille design center avec la Galerie By Lara Sedbon, Paris.
-Participation à MENART artfair, Paris.
2021
-Exposition collective «La jeune scène française acte 2» à la Galerie By Lara Sedbon, Paris. Représentation par la Galerie By Lara Sedbon
-Exposition personnelle «RESET» Galerie The Window.
2020
-Exposition personnelle/Installation «Samp/eS» au 6B, Saint-Denis.
2019
-Exposition personnelle «Negative Noise/Saturation» à la galerie Yellow Cube, Paris.
-Exposition personnelle «KATABASIS» espace privé à Ivry Sur Seine.
-Exposition collective dans les locaux de Qivy (VINCI) à Ivry-sur-Seine.
-Exposition collective «Le 6B Process», au 6B, Saint Denis.
2018
-Performance au Pavillon français «In Situ Shade of Spaces #1», pour la Biennale d’Architecture de Venise.
-Exposition in situ «In Situ Shade of Spaces» dans la chapelle de la Caserne.
Esperanza Pepe au Lido, datant du XVIe siècle, pour la Biennale de Venise off.