χάσματα / KASMATA
Socles ouverts à double peaux en verre, encre et huile et vide, 3x 100×40×40 cm , 2025
Au cœur des temps sombres, trois socles en verre apparaissent comme des promesses non tenues, mal conçus dès leur fabrication. Initialement remplis d’huile et d’encre ces “socles liquides” furent pensés et produits pour porter les Épreuves et interroger la notion même de socle commun si cher à Arendt, ils apparaissent au jour de l’exposition brisés et vidés, rendus impropres à leur fonction, retenant les traces partielles des liquides nobles qu’ils devaient contenir. De l’huile — lumière, miracle, élévation, vérité — et de l’encre de Chine — pensée, parole créatrice, action.
Les socles cessent ainsi d’être un outil neutre : ils deviennent le lieu même où la stabilité est mise en crise, le point de rupture. Ils prennent ainsi le nom de «χάσματα», Kasmata, de Gouffres similaires à celui au-dessus duquel la Pythie de Delphes rendait ses oracles. Les socles brisés fonctionnent comme des seuils inversés, là où l’ouverture qui promettait un passage accompagné de matières nobles. De cette promesse d’élévation qui fondait les idéaux des Lumières ne restent que les traces, ces traces qui permettent de poser la question : Que se passe t’il quand le principe de stabilité est rendu visible en tant que fiction historique ?
Socles ouverts à double peaux en verre, encre et huile et vide, 3x 100×40×40 cm , 2025
Socles ouverts à double peaux en verre, traces d’encre et d’huile, brisure et vide, 3× 100×40×40cm, 2025